Partager l'article ! Dardanus - Opéra de Lille - Théâtre de Caen - Opéra de Dijon: Premier opéra de la saison lilloise, Dardanus, de Jean-Philippe Rameau était ...
Le Blog de Lwiss
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Premier opéra de la saison lilloise, Dardanus, de Jean-Philippe Rameau était conduit avec brio par Emmanuelle Haïm tandis que Claude Buchvald massacrait le plateau avec une mise en scène d’un niveau intellectuel atteignant le vide sidéral.
Sur le papier, le spectacle s’annonçait déjà
assez peu réjouissant. Dardanus s’appuie sur un livret de Charles-Antoine Le Clerc de la Bruère, inspiré de la mythologie
romaine et l’argument n’est pas particulièrement excitant. Néanmoins, Rameau a écrit pour cet opéra quelques-unes de ses plus belles pages et le Concert d’Astrée nous avait déjà enthousiasmés de
son interprétation de l’Orfeo de Monteverdi au Théâtre du Châtelet. La production de l’Opéra de Lille a alors caricaturé nos craintes et nos espoirs.
De l’argument pompeux et ennuyeux, Claude Buchvald a donné une mise en scène lourde et écœurante de niaiserie. Il en devient même difficile de sélectionner quelques exemples tant l’ensemble est raté et risible. On retiendra quand même la dernière scène pendant laquelle Dardanus et Iphise sont enfin réunis et ne trouvent rien de mieux que de chanter leur bonheur raides comme des piquets chacun à un bout de la scène. Puis ils réalisent soudain que plus rien ne les empêche de s’étreindre et ils s’embrassent avec des airs de poissons rouges découvrant l’océan tandis qu’une pluie de pétales les asperge de ridicule. Il faut aussi rendre hommage à la créatrice des costumes, Corine Petitpierre, dont l’absolu mauvais goût devrait faire date dans l’histoire de l’opéra. Là encore, difficile de retenir un seul exemple mais je me force à ne pas trop vous donner la nausée en me limitant à la tenue de Vénus : une robe saumon et un châle bleu pisseux, le tout avec une forme de pièce montée mal cuite. Il n’y avait donc plus qu’une chose à faire : se concentrer sur la direction parfaite d’Emmanuelle Haïm et profiter d’une distribution, certes inégale, mais plutôt réjouissante. Ce sont surtout les hommes qui ont séduit mon oreille, à commencer par Anders J.Dahlin, époustouflant en Dardanus. Sa voix est indescriptible de beauté tant ses graves chauds et ronds rivalisent avec des aigus doux et purs : un délice léger et subtil. A ses côtés, Andrew Foster Williams (Isménor) et Trevor Scheunemann (Anténor) excellent dans les vocalises de Rameau et impressionnent par une diction sans reproche. Côté femmes, Sonya Yoncheva donne à entendre une Vénus très à l’aise dans les aigus et au timbre très agréable. Ingrid Perruche est moins convaincante en Iphise. Son interprétation est peu engagée et, personnellement, je n’apprécie pas beaucoup son timbre, surtout dans les aigus, et son vibrato.
Il fallait donc se concentrer sur la musique, autant pour en saisir toutes les subtilités et se laisser enivrer par l’esthétique ramiste que pour oublier au plus vite une mise en scène indescriptiblement laide.
Dardanus, de JP Rameau
était donné à l'Opéra de Lille jusqu'au 24 octobre et sera donné à Caen le s5 et 7 novembre 2009 et à Dijon le s18 et 20 novembre 2009
Dirigé par Emmanuelle Haïm
Mis en scène par Claude Buchvald
Chorégraphie de Daniel Larrieu
Avec Ingrid Perruche, Anders J.Dahlin, Andrew Foster-Williams, Trevor Scheunemann, Sonya Yoncheva, François Lis
Orchestre Le Concert d'Astrée
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