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Le Blog de Lwiss
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Après les reprises du très réussi Wozzeck de Marthaler et du lamentable Barbier de Séville de Séreau, l’Opéra Bastille présentait au mois d’octobre une nouvelle production : La Ville morte, d’Erich Wolfgang Korngold, jouée pour la première fois à Paris. Ce spectacle a remporté l’adhésion de très nombreuses critiques et fait le plein quasiment tous les soirs mais il reste encore quelques places pour la dernière, mardi 27 octobre à 19h30.
A Bruges, Paul ne se remet pas de la mort de Marie. Sa
tristesse le plonge dans des hallucinations qui lui font rencontrer Marietta, une danseuse qui le séduit tant elle ressemble à Marie. La mise en scène de Willy Decker et les décors et les
costumes de Wolfgang Gussman nous emportent avec génie dans les songes de Paul. Le salon dans lequel on le voit se lamenter au lever de rideau s’éventre soudain pour faire jaillir les
personnages qui peuplent ses rêves. La réalité se mélange avec le fantasme et la divagation dans un tourbillon de lumières. On est happé dans cet univers instable et projeté au cœur de la
détresse de Paul. Le seul reproche qu’essuie cette mise en scène tient dans un élément plutôt maladroit : le plafond du salon se tord quand Paul commence à se perdre dans ses songes et
parvient alors à couper la vue des spectateurs du second balcon sur le fond de scène, au moment même où une procession s’y déroule. Une large partie du public se retrouve alors privée de ces
belles images.
Sur ce plateau transformé en divagation, les solistes se montrent parfaitement convaincants. Robert Dean Smith et Ricarda Merbeth impressionnent par la justesse de leur interprétation, renforcée par une émission très pure qui permet à leur voix de dominer (enfin presque !) un orchestre fourni et puissant. Les seconds rôles sont tout aussi bien pourvus et Stéphane Degout est remarquable en Frank. Dans la fosse, l’orchestre se bat avec force et vaillance pour venir à bout de la partition foisonnante de Korngold. Les vents sont à l’honneur et Pinchas Steinberg mérite l’ovation qu’il reçoit au salut tant sa baguette donne une allure majestueuse à la musique. On ne parvient même pas à lui en vouloir de n’avoir pas su contrôler le volume de ses musiciens qui dépassa à plusieurs reprises celui des solistes.
Cette nouvelle production de l’Opéra National de Paris est donc une vraie réussite, qui nous rassure, après Mireille, sur la capacité de Nicolas Joël de programmer des pièces audacieuses dans des mises en scène inventives. C’est incontestablement un opéra à ne pas rater.
La Ville Morte, d’Erich W.Korngold
A l’Opéra bastille jusqu’au 27 octobre à 19h30
Dirigé par Pinchas Steinberg
Mis en scène par Willy Decker
Avec Robert Dean Smith, Ricarda Merbeth, Stépahne Degout, Doris Lamprecht
Chœur et Orchestre de l’Opéra National de Paris
Tarifs : de 5 à 138€
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