Comme promis en début d'année, je vais enfin vous raconter notre voyage à Venise du mois de novembre.
Lieu : Venise, Italie
Dates : du 20 au 24 novembre 2008
Hotel : Al Campaniel B&B
Vols : Air France
Jeudi 20/11
Après une matinée de travail pour Sarah et une répétition pour moi, nous nous retrouvons à 14h au terminal 2F de Roissy. Nous prenons tranquillement le temps de pique-niquer et de vider nos bouteilles d'eau avant de déposer, sans faire la queue, notre valise au comptoir dépose-bagages puisque nous avions déjà enregistré sur internet la veille et choisi nos places. Nous passons rapidement le contrôle de police et cherchons en vain LeMonde dans la salle d’embarquement. Pendant ce temps nous n’entendons aucune annonce concernant notre vol et nous sommes tout étonnés de voir clignoter en rouge « last call » sur le panneau au-dessus de notre porte d’embarquement. L’avion, un A318, est parfaitement à l’heure et à 15h25 nous quittons Paris. Je profite de ce vol assez court et très agréable pour vous dire que nous avons réservé sur le site d’Air France six semaines à l’avance et avons obtenu le tarif imbattable de 75€ A/R par personne. A ce prix-là nous pouvions enregistrer chacun un bagage en soute, avions le droit à un snack et une boisson à bord et décollions de CDG, imbattable. En outre, en réservant directement sur le site d’Air France, les frais de services sont un peu plus élevés que sur des agences de voyage en ligne mais l’assurance annulation est à seulement 8€ par personne, vraiment imbattable. Bien sûr, Air France vend très peu de billet à ce tarif et si vous y prenez moins à l’avance, vous trouverez moins cher sur Easyjet ou Vueling.
Le survol des Alpes
Nous atterrissons sous une légère bruine à 17h05 et récupérons rapidement nos bagages avant d’acheter au comptoir ATVO deux billets à 3€ pour un voyage en car d’une demi-heure qui nous amène
Piazzale Roma, unique lieu où l’on peut trouver des véhicules roulant motorisés dans la cité lacustre.
On ne croise aucun véhicule à moteur à part des bateaux comme ce bateau-poubelle!
Dans la pénombre des rues mal éclairées, nous cherchons notre chemin jusqu’à l’hôtel à l’aide d’un extrait imprimé de Google Map où seuls figurent le nom des plus grandes rues. Nous nous rendons vite compte que ni cet extrait ni le plan du Routard ne nous suffiront pendant notre voyage et tournons un bon moment en rond avant de trouver Al Campaniel. Finalement, nous y arrivons à 19h (eh oui, nous n’avons même pas mis deux heures pour y arriver depuis l’aéroport) et c’est notre hôte Jacqueline qui nous ouvre la porte. Ce fut assez amusant car elle commença par nous parler italien avec un accent effroyable et nous proposa une chambre plus chère que celle que nous avions réservée. Nous nous consultons et elle s’aperçoit que nous sommes français et semble rassurer de n’avoir pas à poursuivre en italien. Nous lui indiquons que la chambre que nous avions réservée nous convient et nous y montons. Elle nous indique un restaurant où aller dîner et nous fournit ce qui sera notre sésame pour tout notre séjour : un plan où figure le nom de chaque rue. Si vous voulez vraiment découvrir Venise en évitant de suivre les fléchages touristiques et donc en échappant au flot de populace, mettez-vous en quête de ce genre de plan dès votre arrivée. Nous nous promenons alors jusqu’au Campo S. Margherita, lieu de vie estudiantin le soir venu, et dinons chez Ai Sportivi, un restaurant typique tenu par des chinois ! Pas trop cher et pas mauvais mais sans plus. Nous nous couchons tôt, fatigués par notre début de semaine et voulant se lever tôt le lendemain.
Vendredi 21/11
Après un petit-déjeuner où nous fut servie une spécialité vénitienne, croissant fourré à la marmelade d’oranges, nous nous mettons en route vers 10h et tentons de trouver notre chemin vers le Grand Canal et découvrons surtout des petites impasses. En fait le Grand Canal est bien une avenue d’eau et n’a rien à voir à l’idée que l’on se fait d’un canal en France. Aucun trottoir ne le longe et on ne peut se promener sur le bord. C’est d’ailleurs le cas de la plupart des canaux vénitiens et les seules rues qui y donnent permettent en fait l’accès soir à un pont soir à un embarcadère. Nous montons alors dans un traghetto, une gondole dirigée par deux bateliers qui assure la traversée du canal là où il n’y a pas de pont.
Sarah sur le traghetto
En effet, le Grand Canal n’est enjambé que par quatre ponts et pour le traverser on peut alors emprunter soit les vaporetti soit les traghetti. Ceux-ci sont d’ailleurs un moyen vraiment bon marché de gondoler un peu à Venise car si vous souhaitez être baladé par un gondolier il faudra débourser le tarif syndical de 80€ pour 50min, le double en soirée. Nous débarquons au pied du palazzo Grassi et tombons rapidement sur l’église San Moise que nous visitons. Puis nous continuons notre ballade dans le quartier San Marco et découvrons la façade de l’église Santa Maria del Giglio, richement décorée avec nombre de statues représentant les membres de la famille de marins qui a financé sa construction. L’entrée est payante et nous ne sommes pas encore passés à l’office du tourisme pour acheter le Chorus Pass qui permet de visiter quinze des plus belles églises de Venise. Nous nous dirigeons alors vers la piazza San Marco où nous pénétrons par le Sud-ouest. Avant de nous approcher de la basilique, nous décidons de visiter les musées situés dans les anciens appartements de Napoléon. Le musée Correr présente l’histoire de la ville dans une exposition très claire et fort intéressante puis nous visitons également la bibliothèque et le musée archéologique. En sortant, nous traversons la place, admirons le campanile et le palais ducal que nous longeons par le sud au bord du bassin San Marco avant de nous arrêter pour un déjeuner trop cher.
Pour visiter la basilique, nous devons laisser nos sacs à dos dans une consigne installée à une centaine de mètres. A l’intérieur de la basilique, on suit un parcours balisé au milieu d’un flot
ininterrompu de touristes. L’éclairage est quasi inexistant et les restaurations minimes : on ne distingue pas grand-chose des mosaïques d’or qui recouvrent les murs. L’accès au chœur est
payant et il est impossible de voir les reliques du saint. Cette visite est particulièrement décevante. En sortant nous nous dirigeons vers le palais ducal et oublions de récupérer notre appareil
photo.
Le palazzo ducale, photo prise le jour suivant depuis le vaporetto
La visite suit un parcours labyrinthique à travers les nombreuses salles du palais. Les explications sont nombreuses et en français. On découvre en particulier une salle gigantesque où se
réunissaient tous les nobles de Venise, les prisons auxquelles on accède par un pont couvert qui enjambe un petit canal, le pont des soupirs. C’est une visite passionnante qui peut être complétée
par une visite guidée des passages secrets du palais mais il faut réserver à l’avance (en français). Ensuite nous continuons notre découverte du quartier San Marco et atteignons le théâtre de la
Fenice. Les visites sont terminées mais la billetterie est encore ouverte et nous prenons deux places pour le Weinachts Oratorium de Bach qui se donne dimanche. Nous quittons ensuite San Marco
pour le Dorsoduro en traversant le pont flottant installé pour ce week-end de fête consacré à Santa Maria della Salute qui sauva la ville d’une épidémie de peste. Nous pénétrons alors dans des
rues bondées où le flot de piétons s’écoule en sens unique, régulé par des policiers. Nous visitons alors cette église au milieu d’une foule compacte.
La foule massée dans l'église Santa Maria della Salute
La nuit est tombée et nous nous promenons ensuite le long du Zattere, la quai qui longe le canal qui sépare le Dorsoduro de l’île de la Giudecca. Sur notre chemin, l’église de Gesuiati est encore ouverte, nous la visitons. Puis nous traversons les campi San Trovaso, San Barnaba et San Margherita pour rejoindre le campo San Pantalon près duquel nous dînons. Avant de rejoindre notre hôtel, nous nous baladons dans San Polo et Santa Croce où nous découvrons l’église et l’école San Giovanni l’Evangelista, la magnifique église San Giacomo dell’Orio située sur un campo charmant puis l’église dei Frari.
Samedi 22/11
Nous commençons notre journée en utilisant les Chorus Pass achetés la veille pour visiter les églises San Rocco, dei Frari et Santa Croce. Nous sommes époustouflés par les décorations de ces églises qui exposent des toiles du Titien et du Tintoret absolument superbes. Les stalles sont aussi très impressionnantes tant leurs marqueteries sont fines. Puis nous achetons un billet de vaporetto valable 12 heures et embarquons au pied du Rialto jusqu’à l’Arsenal. Nous pouvons ainsi admirer les façades des palais qui bordent le Grand Canal, un moment magnifique.
L'alignement des façades sur le Grand Canal
Nous longeons aussi la place San Marco par le Sud et débarquons à l’entrée du Rio dell’Arsenale. Nous déambulons quelques instants autour des deux grandes tours qui marquent l’entrée de ce lieu
qui ne se visite que lors de grandes foires. Nous embarquons à nouveau sur le Vaporetto pour contourner le Castello par l’Est et admirer l’Arsenal par le Nord. Nous débarquons à Celestia et
découvrons l’église et le campo San Francesco della Vigna. Puis nous marchons jusqu’au campo SS Giovanni e Paolo où se trouvent la cathédrale du même nom et un hôpital tout en brique. L’entrée de
l’église étant payante, nous décidons de jeter un œil à l’hôpital. Après une pause déjeuné, nous nous dirigeons vers l’église Santa Maria Formosa que nous visitons. Puis nous marchons jusqu’au
Rialto. Ce pont a en fait assez peu de charme, en tout cas bien moins que le ponte vecchio de Florence. Il est envahi de marchands de plastique et le meilleur endroit pour admirer son
architecture est, bein sûr, le vaporetto. Nous le reprenons dans l’autre sens pour explorer la côte Nord de Santa Croce, traversons le terminal maritime et arrivons à la station maritime, au Sud
du Dorsoduro.
La côte sud du Dorsoduro
Enfin nous traversons le canal de la Giudecca et débarquons sur l’île du même nom. L’endroit est désert. Nous marchons dans des rues où le linge sèche malgré le froid et ne rencontrons que des
boutiques fermées.
Une rue déserte sur Giudecca
Nous tentons de visiter l’église de l’île mais elle est également close. Nous embarquons sur le vaporetto suivant à destination de San Giorgio Maggiore.
San Giorgio Maggiore vue depuis Giudecca
Là se trouve une très belle église et une école ainsi qu’un campanile, plus modeste que celui, juste en face, de San Marco mais dont la montée est aussi bien moins chère. Nous en profitons et
apprécions le panorama sublime sur la lagune et la ville.
Le panorama depuis le campanile de San Giorgio Maggiore
Le soleil commence à décliner et notre estomac à crier. Nous reprenons le vaporetto jusqu’à la moitié du grand canal et observons les quelques pièces illuminées des palais. Nous prenons un chocolat chaud puis partons à la recherche d’une boutique aperçue le soir de notre arrivée. Nous la trouvons enfin et achetons quelques jolis travaux de cuir. Nous nous promenons ensuite à travers Santa Croce jusqu’à l’église San Stae puis nous longeons le musée d’histoire national avant de trouver une Osteria extraordinaire. Le verre de vin coûte 80 centimes. Il y a des livres partout, un joueur de guitare, des touristes allemandes, des vénitiens qui jouent aux cartes. La patronne s’approche de nous et nous lui demandons à manger et à boire. Elle nous ramène deux verres de vin, une assiette de charcuteries et deux sandwichs au fromage et aubergine grillée… un délice. Elle revient nous voir un peu plus tard : « Va bene bambini ? » Nous répondons que tout va bien et elle nous apporte un dessert vénitien : des croquants aux amandes. Notre billet est encore valable une demi-heure alors nous prenons le vaporetto qui nous ramène à notre hôtel sur le grand canal tout noir.
Dimanche 23/11
Nous décidons d’aller visiter l’église San Giacomo dell’Orio dont le campo nous avait tant plu le soir venu. Malheureusement nous arrivons à l’heure de l’office et ne poivons que jeter un coup
d’œil. Nous traversons ensuite le grand canal pour atteindre le Cannaregio. Avant d’entrer dans le ghetto, nous voulons visiter les églises San Geremia et San Giobbe mais aucune église ne se
visite le dimanche. C’est un coup dur car nous avions prévu d’en visiter quelques-unes ce jour là. Nous ne verrons que les façades.
L'églis ede la Madonna dell'Orto
Nous entrons ensuite dans le ghetto vecchio qui se résume en fait à un petit campo autour duquel se dressent des immeubles hauts et étroits. Deux synagogues se côtoient dans une rue adjacente.
Passé un petit pont, on atteint de le ghetto nuovo. Ici, les maisons sont moins riches, il y a même quelques HLM. On voit plusieurs poissonneries. C’est un quartier assez sympa.
Un des canaux traversant le ghetto nuovo
Après une longue ballade, nous traversons toute la ville pour rejoindre, dans le Dorsoduro, la fondation Peggy Gugenheim, un musée d’art moderne et contemporain. Sont exposés quelques Picasso,
Dali, Calder, … de manière assez disparate. Nous y passons peu de temps car nous devons filer à la Fenice pour assister au concert.
Le théâtre de la Fenice
Enfin, pour notre dernière soirée, nous dinons à la taverne San Trovaso et rentrons par les campi San Barnaba et San Margherita.
Lundi 24/11
Sarah n’a pas digéré le risotto de fruits de mer de la veille et reste couchée toute la matinée. Il a plu et neigé toute la nuit et les eaux ont monté dans la lagune. Je fais un détour par la
piazza San Marco afin de voir la basilique les pieds dans l’eau. Dans les rues les plus inondées, des planches de bois recouvertes d’une couche d’antidérapant ont été montées sur des tréteaux
pour permettre aux piétons de circuler sans se mouiller.
L'eau du Grand Canal envahissant les terrasses des cafés
Puis je visite la galerie de l’Academia, un musée d’art moderne assez intéressant. Enfin je retrouve Sarah à l’hôtel et nous prenons le bus jusqu’à l’aéroport.

Derniers Commentaires